CODE FQSCA \ BEA

Code des bonnes pratiques en matière de bien-être animal FQSCA / Canicross Estrie

SECTION I : PRATIQUE GÉNÉRALE DES SPORTS CANINS À PETIT ATTELAGE

1. BIEN DÉBUTER, OÙ ET COMMENT

1.1. Qu’est­ce que les sports de traction à petit attelage ?
Les sports de traction à petit attelage sont des sports effectués par des partenaires
humains et canins qui forment une équipe en fournissant un effort commun dans la
réalisation de l’activité effectuée. Le sport peut être du canicross, du bikejoring, du
skijoring, de la trottinette des neiges ou du traîneau à petit attelage. Le facteur
commun est le fait que l’humain et le(s) chien(s) travaillent de concert et chacun des
membres qui compose l’équipe fournit un effort à l’avancement de celle­ci.

1.2. Équipements utilisés
Il est important d’utiliser des équipements spécialement conçus et adaptés pour les
sports tractés avec son chien. Autrement, les risques de blessure augmentent. Voici
la liste des équipements recommandés pour assurer le meilleur confort possible du
coureur ainsi que du chien lorsqu’il est au travail :

A. Harnais de corps : harnais dont le point d’attache se trouve généralement au­dessus
de la base de la queue. Le harnais doit être suffisamment ajusté afin d’être stable sur
le chien et ainsi éviter des blessures causées par les frottements, mais assez grand
afin d’offrir une liberté de mouvement adéquate au chien. Chez les petits chiens, il
est possible d’utiliser un harnais plus court dont le point d’attache se situe
légèrement derrière les épaules. Cela permet d’éviter une tension inadéquate sur les
hanches tout en offrant un dégagement plus adéquat aux pattes arrières. ( Voir
l’article 7.1 des règlements de courses FQSCA)

N.B. Le harnais devrait être retiré immédiatement après l’exercice de sport attelé ou
lorsqu’on laisse le chien libre, et ce, afin d’éviter des accidents potentiels.

B. Ligne bungee : ligne d’attache munie d’une partie élastique qui permet d’amortir les
chocs associés aux coups donnés par le chien lors du travail en harnais (article 6.2
des règlements de courses de la FQSCA pour la longueur à respecter).

C. Ceinture adaptée pour le coureur : ceinture avec sangles sous­cuissales et qui vient
s’appuyer au niveau du bassin. Une bonne ceinture devrait être fixe au niveau des hanches et ne pas bouger pas durant vos déplacements. La traction devrait ainsi être ressentie au niveau du bassin pour permettre au coureur d’accompagner son chien dans le mouvement et non de le freiner, ce qui causerait des inconforts pour les deux
coéquipiers.

1.3. Surface de course
Les surfaces de course varient selon la température et les objectifs visés, mais en
tous temps, un entraînement devrait prioriser la santé des pattes du chien et limiter
l’impact sur les articulations de celui­ci. Voici une liste des surfaces de course à
privilégier :
A. Terre battue : la surface est molle, mais égale, ce qui limite les risques de
blessure, telle une fracture ou une dislocation. La surface molle permet non
seulement d’éviter l’usure trop importante des coussinets, mais préserve
également le confort des articulations lors des impacts.

B. Sable : en plus de préserver le confort des articulations et l’usure trop
importante des coussinets lors du travail en harnais, le sable ajoute un défi
supplémentaire au chien en raison de la friction et de la diminution de
l’adhérence au sol.

C. Herbe : surface fraîche pour les pattes des chiens qui devrait être privilégiée
aux surfaces abrasives, surtout en été lorsqu’il fait très chaud. Il faut
cependant faire attention aux trous qu’on pourrait ne pas voir et qui pourraient
donc causer de mauvaises blessures aux pattes des chiens. C’est aussi une
surface adéquate pour offrir une période de repos aux chiens durant
l’exercice.

D. Poussière de pierre : cette surface peut être envisagée lorsqu’il n’y a pas
accès aux surfaces précédentes, mais il est important de vérifier
régulièrement l’état des coussinets des chiens durant l’exercice. Certains ont
les pattes plus fragiles que d’autres et peuvent donc se blesser plus
facilement sur cette surface.

E. Asphalte : cette surface devrait être évitée le plus possible lors d’exercices
avec des chiens, en raison de la friction importante qu’elle crée et donc, des
risques de blessures pour les coussinets des chiens. Également, en été, la température de l’asphalte est souvent très élevée, donc les risques de
brûlures aux coussinets sont d’autant plus importants.

Note : Il ne faut pas oublier que la température du bitume est toujours plus
élevée que celle de l’air ambiant. Voici des comparatifs:

25 degrés celcius ( Air ambiant) ————-52 degrés celcius ( Bitume)
30 degrés celcius ( Air ambiant)————–57 degrés celcius ( Bitume)

À 41 degrés, la peau s’endommage en seulement 60 secondes et à 55
degrés, un oeuf cuit en 5 minutes. C’est donc dire qu’une telle température
endommagera les coussinets d’un chien en peu de temps. Pour savoir si la
température du bitume est adéquate pour son chien, on peut y placer notre
main pendant quelques secondes.

F. Gravelle : cette surface est plus adéquate que l’asphalte en ce qui concerne
l’absorption des chocs au sol, mais parfois peut également être très
inconfortable pour les coussinets des chiens.


1.4. Température de course
Pour connaître la température adéquate pour la pratique des sports attelés, se
référer à l’article 14 des règlements de la FQSCA au www.fqsca.com. Les
règlements sont faits de façon générale pour la majorité des pratiquants, il est donc
important de tenir compte d’une multitude d’autres facteurs qui entrent en compte.

A. Caractéristiques du chien : Les caractéristiques du chien, comme sa race, son
âge et son entraînement par exemple, vont grandement affecter leur tolérance
aux différentes températures. Un malamute, par exemple, aura certainement
plus de mal à courir à une température de 20 degrés celsius qu’un lévrier ou
un braque. Par contre, il sera important de couvrir le lévrier à une température
de ­20 degrés. Il est donc important de tenir compte de ces facteurs avant de
sortir votre chien lors d’une journée de grand froid ou de grande chaleur. Les
animaux étant moins expressifs que nous, il est important de ne pas
surestimer la capacité du chien à supporter le froid ou la chaleur. Les
engelures peuvent arriver très rapidement et on les découvre souvent seulement lors du retour, alors il est d’autant plus important de prévoir des
bottes ou un manteau si nécessaire.

B. Type d’entraînement : Le type d’entraînement effectué est également
important à considérer en fonction de la température. Une course légère ou
une baignade seront plus adaptées à une température de 20 degrés celsius
qu’un entraînement très rapide en bikejoring par exemple.

C. Autres facteurs de l’environnement : Les autres facteurs importants à tenir
compte sont le facteur humidex, le vent, le soleil et la difficulté du parcours.
Ce sont tous des facteurs qui vont affecter la capacité de votre chien à
effectuer sa course.


1.5. Âge du chien pour débuter
­ Travailler le mental tôt (apprentissage des commandements) à quelques mois de vie
­ Prendre en considération la race du chien (grande race met plus de temps à se
développer qu’une petite race)
­ Généralement vers l’âge de 8 mois on peut commencer à mettre un harnais sur le
dos du chien, ne serait­ce que pour habituer le chien à avoir un harnais sur le dos
sur quelques mètres
­ Généralement, vers 12 mois un chien pourrait faire une distance habituelle de course
autour de 5 km s’il a suivi l’entraînement adéquat
­ Toujours modérer l’effort demandé en traction tant que le développement de la
capacité musculaire n’est pas complété
­ Souvent, pendant que le chien est jeune, les effets d’une blessure subie durant
l’entraînement peuvent ne pas se faire sentir immédiatement. Toutefois, cela peut
avoir un impact sur votre chien à long terme.
Les capacités physiques et psychologiques du chien doivent être considérées et
c’est, pour la majorité, dû cas par cas. La charge tractée par une jeune chien devrait
être adaptée à ses capacités musculaire et osseux. La race doit être prise en
considération. Contrairement aux sports attelés en général, le canicross récréatif
n’exige pas une traction constante de la part de votre compagnon. Toutefois, il faut
être réaliste et ne pas exiger à un chien de courir régulièrement sur de longues
distances. Seuls les chiens de type primitif (malamute, husky, alaskan…) sont
génétiquement prédisposés à couvrir de longues distances en tractant une charge, mais ils ont des mois et des années d’entrainement intensif (ainsi que des conditions
spéciales : nutrition, soins, équipement…) avant de pouvoir y parvenir sans qu’on
hypothèque leur santé.


2. PRÉPARATION DU CHIEN

2.1. Alimentation et hydratation du chien
Peu importe le type de nourriture donnée (croquettes ou nourriture crue), il faut
considérer qu’un chien très actif aura des besoins plus grands en terme de
nourriture.
A. Lorsqu’un exercice intense est prévu, il est important de bien hydrater son
chien avant et après l’exercice. Environ deux heures avant l’exercice, on peut
donner un « bouillon » contenant une quantité d’eau permettant d’hydrater
adéquatement le chien pour son exercice, ainsi qu’une petite quantité de
nourriture afin de le soutenir pendant son effort. Il est important de laisser un
temps de repos entre le repas et l’activité physique, afin d’éviter les torsions
d’estomac. Il faut apprendre à connaître son chien et à détecter les signes qui
pourraient laisser paraître un inconfort. Chaque chien est différent et il faudra
adapter son alimentation selon ses réactions et besoins.

B. Après l’effort, il est conseillé de réhydrater son chien dans les 15 à 30
minutes suivantes. Lorsque le chien est retourné dans un état de calme, on
pourra alors lui donner la fin de son repas. Le chien doit, comme l’humain,
refaire ses réserves une fois l’exercice terminé et bien qu’il ne transpire pas,
notre chien a besoin de boire autant que nous lorsqu’il fait du sport et ce, pas
seulement en été.

C. Une bonne hydratation ne se fait pas seulement avant ou après l’exercice,
mais plutôt au quotidien. Certains chiens, même si on leur laisse un bol d’eau
en permanence, ne boivent pas d’eau ou presque. Il faut donc la rendre
appétante. On peut ajouter par exemple, un oeuf cassé bien mélangé, un peu
de yogourt, du fromage râpé ou du jus d’une canne de thon, sardine ou
saumon. On peut aussi ajouter de l’eau directement dans la gamelle lors des
repas. Pour savoir si un chien est bien hydraté, on peut vérifier le retour de la

peau du cou. Il suffit de tirer doucement sur la peau du cou vers le haut, puis
de relâcher. Si la peau reprend sa place rapidement, alors c’est signe que le
chien est bien hydraté. Si elle reprend lentement sa forme, c’est signe que le
chien manque d’hydratation.

2.2. Préparation physique du chien
Apprendre à connaître son chien est une chose importante. Chacun veut permettre à
son équipe de dépasser ses limites, mais sans pour autant pousser son chien à
fournir un effort physique trop éprouvant pouvant causer des blessures et des
inconforts (p.ex. coups de chaleur ou engelures). Tout comme chez l’humain, le
chien devrait suivre un entraînement quotidien et graduel. Chacun désire que son
chien donne son 100%, mais pas au détriment de sa santé, ni de sa condition
physique. Concentration, motivation et plaisir sont également des éléments qui
amèneront le chien à effectuer un bel effort physique. Satisfaire le sentiment
d’accomplissement chez le chien, le remercier et le récompenser pour son bel effort
sont d’autant de pratiques à privilégier afin d’obtenir le meilleur de son chien. La
préparation physique est grandement reliée à la préparation mentale du chien et il
faut s’assurer que le chien éprouve d’abord et avant tout du plaisir à bouger avec son
coéquipier humain.

2.3. Échauffement / étirements du chien
Le chien doit s’échauffer pour préparer ses muscles à un effort physique et
cardio­vasculaire. Lors de cette période, il est important de ne pas épuiser son chien,
mais bien de faire augmenter graduellement son rythme cardiaque et d’échauffer ses
muscles. Une fois l’entraînement terminé, il est important de ramener le chien dans
un état de calme, c’est­à­dire faire descendre son rythme cardio­vasculaire à un
niveau moyen à lent en lui permettant de se détendre dans un endroit calme. Une
fois que le chien a atteint un certain niveau de calme, il est possible de procéder aux
étirements . Cette période est un excellent moment pour remercier et féliciter son chien du bon travail accompli.

2.4. Soins et entretien des pattes
Le plaisir du chien à effectuer un exercice dépend en grande partie du confort qu’il a
en l’effectuant et cela passe principalement par ses pattes. Il est donc important

d’être attentif à l’état des pattes de son chien. Les griffes devraient être taillées
adéquatement, c’est­à­dire ni trop longues, ni trop courtes. Cela permet au chien
d’avoir une bonne posture et d’être confortable dans sa course tout en ayant une
bonne adhérence. Également, en hiver, il est important de considérer les poils entre
les coussinets, qui peuvent contribuer à la création d’amas de neige et de glace et
donc, être très inconfortables pour le chien. La taille des poils, un baume ou de
légères bottes pourront aider le chien à être plus confortable. Finalement, après
chaque sortie, il est important de vérifier l’état des coussinets du chien afin de
s’assurer qu’il ne s’est pas blessé.


3. ENTRAÎNEMENT DU CHIEN

Les points suivants ne constituent pas en soi une façon d’entraîner un chien, mais
bien une façon de respecter son bien­être dans la pratique des sports attelés.

3.1. Suivi et respect du rythme du chien
Les sports de traction sont avant tout une occasion de former une équipe avec son
chien. Cela permet de resserrer les liens qui unissent les deux partenaires tout en
pratiquant une activité de façon commune. Pour y arriver, il est donc important de
respecter le rythme de son chien. En effet, chacun d’eux est différent, tant par ses
capacités physiques que son désir d’aller de l’avant. Quel que soit l’entraînement
effectué, on devrait avant tout s’assurer que le chien a les capacités physiques pour
le faire et toujours respecter le rythme dans lequel il est confortable.

3.2. Entraînement progressif
Le chien, comme l’humain, a besoin d’un entraînement progressif afin d’arriver à faire
des activités exigeantes, comme des sorties de type longue distance ou de sprint.
Avant d’en arriver à ce type d’entraînement, il faut s’assurer de faire progresser
l’entraînement de son chien de façon adaptée selon l’objectif visé.

3.3. Détecter les signes de fatigue et d’inconfort
Le meilleur moyen de prévenir la fatigue et l’inconfort est d’être attentif aux signaux de son chien. Il importe donc de bien connaître son compagnon lorsqu’on pratique
les sports attelés. Certains chiens ralentiront la cadence et diminueront la tension sur

le bungee alors que d’autres chiens enverront des signaux plus subtils. ​Toujours
est­il important de connaître les limites du chien et savoir quand ralentir la cadence et
s’arrêter si on sent que le chien en a besoin.
Voici d’autres exemples d’un chien fatigué : Langue pendante accompagnée d’une
quantité excessive d’écume, respiration/expiration excessive et qui semble
incontrôlable, chien qui se dirige sur le côté de la piste pour se coucher.

3.4. Contrôle du chien
Dans toute activité de sports attelés, il est important de toujours avoir une parfaite
maîtrise de la situation et de savoir anticiper les réactions de son chien selon
l’environnement et le contexte dans lequel vous allez pratiquer le sport (entraînement
ou compétition). Le fait de placer le chien dans différents contextes durant
l’entraînement permettra à l’humain d’apprendre à connaître davantage son chien et
ainsi de réagir adéquatement selon la situation qui se présentera. L’humain pourra
ainsi encourager un état de calme pour assurer la sécurité et le bien­être du chien en
toutes circonstances.


4. AUTRES SPHÈRES DE DÉVELOPPEMENT DU CHIEN

4.1. Autres sphères de développement des besoins fondamentaux
Les sports attelés constituent un bon moyen de faire faire de l’activité physique à un
chien et cela lui permettra donc de mieux canaliser son énergie. De plus, les sports
attelés permettent de resserrer les liens qui unissent le chien et l’humain. Toutefois, il
ne faut pas oublier que le chien a d’autres besoins à combler pour lui permettre
d’atteindre un équilibre social, psychologique et physiologique .

4.2. Repos du chien
Suite à une séance d’entraînement, il est important d’accorder au chien un temps de
repos, qui peut prendre différentes formes, afin de lui permettre de maximiser sa
période de récupération. Entraîner le chien à s’autogérer.

Documents de référence:

Code d’éthique FQSCA/Canicross Estrie

Gestion des chiens- sorties

Source: FQSCA